Playuncle Farti dévoile son nouvel album énergique ROCK SHOW
Playuncle Farti : quand le rock classic rencontre l’ombre de Carti
Il y a des disques qui arrivent comme des ovnis, sans prévenir, sans explication, et qui pourtant s’imposent par leur seule existence comme une évidence. Rock Show, premier album officiel de Playuncle Farti, est de ceux-là. Un projet qui, à première écoute, semble défier toute logique – comment un artiste jusqu’ici associé à l’univers trap et hip-hop de Playboi Carti peut-il soudainement basculer dans un rock classic aussi assumé ? Et pourtant, c’est précisément cette audace qui rend l’écoute aussi fascinante.
Dès les premières notes de Super Serum, le ton est donné. Les riffs saturés de guitare, les batteries lourdes et les mélodies vocales traînantes rappellent immédiatement l’âge d’or du rock des années 70, entre Led Zeppelin et Black Sabbath, avec une touche de psychédélisme qui n’est pas sans évoquer Tame Impala. Mais ce qui frappe le plus, c’est la manière dont Playuncle Farti parvient à fusionner ces influences avec une sensibilité résolument moderne. Les voix, traitées avec des effets de réverbération et de delay, flottent au-dessus des instrumentaux comme des fantômes, créant une atmosphère à la fois nostalgique et étrangement contemporaine.
Le morceau SDP est sans doute l’un des plus révélateurs de cette alchimie. Ici, les guitares distordues dialoguent avec des nappes de synthé vintage, tandis que la voix de l’artiste, tantôt chuchotée, tantôt hurlée, oscille entre mélancolie et rage. On pense aux expérimentations de The Mars Volta, mais aussi à l’énergie brute des Stooges. C’est un titre qui respire la liberté, comme si Playuncle Farti avait décidé de jeter aux orties toutes les conventions pour créer quelque chose de radicalement nouveau.
Pourtant, malgré cette apparente rupture avec son passé, Rock Show conserve une cohérence qui ne trompe pas. Les thèmes abordés – l’isolement, la quête de sens, la rébellion – sont ceux qui traversent toute l’œuvre de Playboi Carti, même si ici, ils sont exprimés à travers un prisme musical différent. On retrouve cette même fascination pour l’obscurité, cette même volonté de repousser les limites, mais transposées dans un univers sonore qui n’appartient qu’à lui. C’est cette continuité dans la rupture qui rend l’album si intrigant.
Les morceaux s’enchaînent avec une fluidité déconcertante, comme si chaque titre était une pièce d’un puzzle plus large. Homixide Homixide, par exemple, est une plongée dans un rock sombre et hypnotique, où les guitares semblent gronder comme des bêtes sauvages. Les paroles, cryptiques, ajoutent une dimension presque mystique à l’ensemble, comme si l’artiste cherchait à nous entraîner dans un voyage initiatique. Ailleurs, des titres comme Midnight Drive ou Neon Halo introduisent des éléments plus mélodiques, presque pop, sans jamais perdre de vue l’énergie brute qui caractérise l’album.
Ce qui frappe également, c’est la production. Playuncle Farti a visiblement pris le temps de peaufiner chaque détail, chaque texture sonore. Les basses sont profondes, les guitares ciselées, et les voix traitées avec un soin méticuleux. On sent que rien n’a été laissé au hasard, que chaque note a été pensée pour servir une vision artistique précise. Et c’est cette rigueur qui permet à l’album de tenir la route, malgré son apparente folie.
Alors, comment expliquer cette métamorphose ? Difficile à dire. Peut-être est-ce le fruit d’une quête personnelle, d’un besoin de se réinventer après des années passées dans l’ombre de Playboi Carti. Peut-être est-ce simplement l’expression d’une curiosité musicale sans limites. Quoi qu’il en soit, Rock Show est une œuvre qui ne laisse pas indifférent. Elle bouscule, elle surprend, elle dérange parfois, mais elle fascine toujours.
En définitive, cet album est bien plus qu’un simple virage artistique. C’est une déclaration d’indépendance, une preuve que Playuncle Farti n’a pas peur de prendre des risques. Et c’est précisément cette audace qui le rend si précieux. Dans un paysage musical souvent formaté, où les artistes hésitent à sortir des sentiers battus, Rock Show est un souffle d’air frais, une bouffée d’oxygène. À écouter sans modération, de préférence à volume maximal.
Sources
Les informations sur Playuncle Farti et son album Rock Show proviennent de plusieurs sources en ligne. Le fil de discussion Reddit dans la communauté r/playboicarti a révélé les premières interrogations autour de ce projet mystérieux. Les plateformes SoundCloud, TIDAL, Apple Music et Album of the Year ont permis de retracer les sorties musicales et les réactions des auditeurs. Ces sources ont été croisées pour offrir une vision aussi complète que possible de ce phénomène artistique inattendu.
Par David Morlow, pour utopiaz.net
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