Celebration Day de Led Zeppelin : l’énergie rock intemporelle

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
Celebration Day de Led Zeppelin : l’énergie rock intemporelle

Led Zeppelin Celebration Day : le dernier feu d’artifice d’un géant

Il y a des retours qui comptent double. Celui de Led Zeppelin, le 10 décembre 2007 à l’O2 Arena de Londres, était de ceux-là. Capturé sur Celebration Day, l’album live sorti cinq ans plus tard, ce concert unique ne devait être qu’un hommage ponctuel à Ahmet Ertegun, fondateur d’Atlantic Records. Pourtant, il s’est transformé en une déclaration d’amour posthume à une légende du rock, et en la preuve que, même vieillissants, Jimmy Page, Robert Plant et John Paul Jones pouvaient encore électriser une salle comme au premier jour.

Dès les premiers accords de « Good Times Bad Times », on comprend que ce n’est pas un simple exercice de nostalgie. Le trio, accompagné du batteur Jason Bonham (fils de John, disparu en 1980), délivre une performance d’une précision chirurgicale, où chaque note semble pesée, chaque dynamique maîtrisée. Page, dont les doigts ont perdu un peu de leur agilité légendaire, compense par une intensité rare, distordant ses riffs avec une rage contenue. Plant, lui, n’a plus la puissance vocale de ses vingt ans, mais son timbre reste reconnaissable entre mille, oscillant entre mélancolie et fougue. Quant à Jones, souvent sous-estimé, il prouve une fois de plus qu’il était le ciment harmonique du groupe, ses lignes de basse et ses nappes de claviers ajoutant une profondeur presque symphonique à des titres comme « Trampled Under Foot » ou « No Quarter ».

Pourtant, Celebration Day n’est pas sans défauts. Certains fans regrettent l’absence de spontanéité qui faisait le sel des enregistrements live des années 70, comme How the West Was Won. Ici, tout sonne trop propre, trop calibré. Les improvisations, autrefois étirées en jams interminables, sont réduites à leur plus simple expression. Même « Dazed and Confused », morceau-fleuve par excellence, perd un peu de sa magie dans une version raccourcie et moins aventureuse. Mais comment en vouloir à des musiciens qui, après des décennies de silence, choisissent la retenue plutôt que le risque ? Ce concert était un adieu, pas une résurrection.

L’émotion, elle, est bien là. Dans la façon dont Plant murmure les paroles de « Since I’ve Been Loving You », comme s’il les redécouvrait. Dans le solo de Page sur « Whole Lotta Love », où l’on entend presque le poids des années et des regrets. Dans le final, « Kashmir », qui sonne comme un dernier coup de maître, une affirmation solennelle que, oui, Led Zeppelin était bien le plus grand groupe de rock de tous les temps. Celebration Day n’est pas parfait, mais il est nécessaire. Un document qui capture l’essence d’un groupe mythique, le temps d’une soirée où le rock a encore une fois frôlé l’éternel.

Sources

Drowned in Sound, Album Review: Led Zeppelin Celebration Day (2012).

RAMzine, Led Zeppelin ‘Celebration Day’ Album Review (2012).

Led Zeppelin Official Forum, The Good and not so Good of Celebration Day (2012).

The Fire Note, Led Zeppelin: Celebration Day [Album Review] (2012).

AllMusic, Celebration Day Led Zeppelin (2012).

David Marlow

Partager cet article