Astro 90 dévoile NEW ROCK : un voyage électrisant dans le new rock
Astro 90 : ‘NEW ROCK’ ou la réinvention d’un son spatial
Quatre ans après le décès de Moonbin, membre fondateur et pilier créatif d’Astro, le groupe sud-coréen revient avec ‘NEW ROCK’, un album qui marque une rupture radicale avec leur héritage K-pop. Si le quintet (désormais réduit à un quatuor) avait déjà flirté avec des sonorités rock et psychédéliques sur des projets comme ‘All Yours’ (2021), ‘NEW ROCK’ pousse l’expérimentation à son paroxysme, embrassant un mélange de glam, de stoner et de post-punk qui évoque autant David Bowie que les Black Lips. Un virage audacieux, presque punk dans son refus des attentes, qui interroge : Astro peut-il survivre à sa propre métamorphose ?
Dès les premières secondes de ‘Lunar Drive’, le ton est donné. Un riff saturé, entre T. Rex et Queens of the Stone Age, cède la place à une mélodie vocale aérienne, portée par la voix androgyne de MJ. Le contraste est frappant : là où Astro cultivait autrefois des harmonies sucrées et des beats trap, ‘NEW ROCK’ mise sur des guitares sales, des basses lourdes et des synthés rétro-futuristes. La production, signée en partie par le groupe lui-même aux côtés de collaborateurs comme Cha Eunwoo (qui s’essaye ici à la composition), évite l’écueil du pastiche. Les morceaux oscillent entre l’énergie brute de ‘Neon Halo’ – où des chœurs gospel répondent à un solo de guitare façon Marc Bolan – et l’introspection sombre de ‘Gravity’, qui rappelle les expérimentations de Bowie sur ‘Blackstar’.
Le cœur de l’album réside dans sa capacité à fusionner des influences a priori incompatibles. ‘Supernova’, single phare, superpose un groove funk à une distorsion psychédélique, tandis que ‘Midnight Sun’ emprunte au shoegaze des années 1990, avec des nappes de guitare qui enveloppent la voix de Rocky. Même les ballades, comme ‘Orbit’, adoptent une approche minimaliste, où le piano se mêle à des textures électroniques glitchées. Cette hybridation n’est pas sans rappeler le Travis Scott de ‘Astroworld’, qui mariait rap sudiste et rock progressif, ou les détours sonores de groupes comme The Mars Volta. Pourtant, Astro évite l’imitation : leur identité réside dans cette tension entre mélancolie asiatique et exubérance occidentale, entre nostalgie et futurisme.
L’album n’est pas exempt de faiblesses. ‘Stardust’, malgré son refrain accrocheur, peine à se démarquer des clichés du glam rock, tandis que ‘Cosmic Love’ sombre dans une grandiloquence un peu creuse. Mais ces écueils sont compensés par des moments de grâce absolue. ‘Black Hole’, avec ses chœurs envoûtants et son breakdown heavy, est un sommet, tout comme ‘Nova’, où la voix de Sanha, habituellement reléguée aux seconds rôles, prend une dimension nouvelle, entre Rob Halford et Thom Yorke. Le morceau final, ‘Eclipse’, clôt l’album sur une note ambivalente : un solo de guitare déchirant, presque metal, qui s’éteint dans un silence lourd de sens.
‘NEW ROCK’ est un pari risqué. En abandonnant les codes de la K-pop, Astro prend le risque de perdre une partie de son public, habitué aux chorégraphies millimétrées et aux refrains ultra-mélodiques. Pourtant, l’album s’impose comme une déclaration d’indépendance artistique, une réponse à ceux qui voyaient en eux un groupe formaté. Plus qu’un simple virage stylistique, c’est une renaissance. Une façon de dire que la musique d’Astro n’a jamais été aussi vivante, aussi libre, que dans l’ombre de leur étoile disparue.
Si ‘NEW ROCK’ ne deviendra probablement pas un classique instantané, il pourrait bien être le disque qui redéfinit la trajectoire du groupe. À l’heure où la K-pop domine les charts avec des formules éprouvées, Astro choisit de se perdre pour mieux se retrouver. Et dans ce chaos créatif, une chose est sûre : le rock spatial n’a jamais sonné aussi humain.
Sources
Rolling Stone, Travis Scott: ‘Astroworld’ Album Review, 2018. Consulté pour les références aux influences locales et à la fusion des genres.
Reddit, r/ASTRO_KPOP, Astro albums, 2024. Échanges sur l’impact émotionnel du groupe et son évolution post-2023.
Reddit, r/kpopthoughts, I now understand why ASTRO’s time between recent comebacks was only 4 months, 2021. Analyse des dynamiques internes et des attentes autour du groupe.
Album of the Year, Travis Scott – ASTROWORLD – Reviews. Consulté pour les parallèles entre production psychédélique et hybridation des genres.
Little Village, Album Review: Astro Brat — ‘Astro Brat’, 2023. Référence aux structures glam et heavy dans la production rock contemporaine.
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