Foo Fighters – Medicine At Midnight : un rock énergique et moderne
‘Medicine At Midnight’ : le Foo Fighters en mode fête malgré tout
Dix albums en vingt-cinq ans, et toujours ce même paradoxe : les Foo Fighters incarnent une forme d’éternel retour du rock mainstream, tout en restant prisonniers de leur propre formule. ‘Medicine At Midnight’, sorti en février 2021, ne déroge pas à la règle, mais avec une nuance de taille. Produit par Greg Kurstin, architecte des tubes pop de Beck ou Adele, ce dixième opus devait être leur disque festif, leur ‘Let’s Dance’ version 2021. Un pari audacieux pour un groupe souvent cantonné au rôle de relique vivante du grunge, même si Dave Grohl a depuis longtemps troqué l’ombre de Nirvana contre celle, plus ensoleillée, des stades.
Le résultat ? Un album qui oscille entre l’autosatisfaction et la surprise. ‘Medicine At Midnight’ assume son statut de disque conçu pour les soirées – celles d’avant le Covid, celles d’après, peu importe. Les riffs restent massifs, les refrains immédiats, et la production, lisse à souhait, sert un rock calibré pour les ondes. Pourtant, derrière cette façade prévisible se cachent quelques éclats d’audace. ‘Shame Shame’, premier single, joue la carte de la provocation avec un Grohl en prédateur charismatique, mélangeant arrogance et mélancolie. Les paroles, entre séduction et menace (« *If you want to / I’ll be the one, be the tongue that will swallow you* »), rappellent que le frontman sait encore écrire des hooks qui collent à la peau.
Autre moment fort, ‘Waiting on a War’ débute comme une ballade acoustique, avant de basculer dans un crescendo électrique où la rage de Grohl explose. Le titre, écrit avant la pandémie, prend une résonance inattendue dans un monde en crise, prouvant que le groupe peut encore toucher une corde sensible sans sacrifier son ADN. Ailleurs, ‘Chasing Birds’ opte pour une douceur inattendue, avec des harmonies vocales qui évoquent les Beach Boys, tandis que ‘No Son of Mine’ marie groove lourd et chorus entêtant, confirmant que les Foo Fighters maîtrisent l’art du tube, même quand ils flirtent avec la redite.
Reste que ‘Medicine At Midnight’ souffre de son manque d’audace. Le groupe avait promis un virage vers le dance-rock, mais les expérimentations restent timides, comme si la peur de décevoir l’emportait sur l’envie de surprendre. Les influences Bowie ou Prince, évoquées en amont, se limitent à des clins d’œil superficiels. Pourtant, dans un paysage musical où le rock a perdu de sa superbe, cet album remplit son contrat : divertir sans prétention, avec une efficacité qui force le respect.
‘Medicine At Midnight’ ne réinvente pas les Foo Fighters, mais il rappelle pourquoi ils restent indispensables. Un disque fait pour danser, même quand le monde s’arrête.
Sources
Pitchfork, Foo Fighters: Medicine at Midnight Album Review (février 2021).
Metacritic, Medicine at Midnight by Foo Fighters Reviews and Tracks.
James Frew, Album review: Medicine at Midnight – Foo Fighters.
Belwood Music, Album Review: Foo Fighters – Medicine At Midnight (février 2021).
Paste Magazine, Foo Fighters: ‘Medicine at Midnight’ Album Review.
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