Starship atteint l’orbite pour la première fois, malgré un moteur défaillant

Olivier Tech Olivier Tech Tech 4 min de lecture
Starship atteint l’orbite pour la première fois, malgré un moteur défaillant

Correction du 29 septembre 2026. La version initiale de cet article, publiée le 28 septembre, indiquait à tort que le 14e vol du Starship avait échoué avant d’atteindre l’orbite. C’est inexact : le vaisseau a bien atteint l’orbite terrestre et déployé ses 26 satellites Starlink V3. Seule la durée du vol a été écourtée. Le titre, le texte et les informations de référencement ont été corrigés en conséquence. Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour cette erreur.

Le 14ème vol d’essai du Starship a marqué une étape historique : lundi 28 septembre, la fusée géante de SpaceX a atteint l’orbite terrestre pour la première fois. Décollé de Starbase, au Texas, à 7h48 heure locale, le vaisseau (Ship 41) s’est placé en orbite environ 25 minutes après le lancement, sous les acclamations des équipes présentes sur place. Le patron de SpaceX, Elon Musk, a salué un premier vol orbital réussi, et l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a félicité l’entreprise.

Le Ship a ensuite déployé les 26 satellites Starlink V3 qu’il transportait. Il s’agit des premiers satellites de cette génération placés en orbite par Starship : lors du 13e vol, en juillet, les Starlink V3 avaient été largués sur une trajectoire suborbitale et étaient retombés sur Terre peu après. Trois des 26 satellites embarquent des caméras destinées à observer le vaisseau, afin que les ingénieurs puissent étudier son bouclier thermique.

Le vol n’a toutefois pas été sans frayeur. Pendant la montée, l’un des six moteurs du Ship, un Raptor à tuyère à vide, s’est arrêté prématurément. Le vaisseau a compensé en faisant brûler plus longtemps les cinq autres moteurs, et a bien atteint la trajectoire prévue. Pendant quelques minutes, le doute a plané : un porte-parole de SpaceX a d’abord annoncé que la mise en orbite était abandonnée, avant que les contrôleurs de vol ne reviennent sur cette décision. Après vérification, les trois moteurs Raptor à tuyère au niveau de la mer, indispensables pour les manœuvres suivantes, ont été jugés en bon état, et le feu vert a été donné pour l’orbite.

C’est cet incident moteur qui explique l’écourtement de la mission. SpaceX visait un vol d’environ dix heures et six tours de la Terre, avec un amerrissage près des côtes chiliennes. Par précaution, l’équipe a décidé de limiter le temps passé en orbite et de procéder à la désorbitation après environ trois heures et deux tours. Le Ship a allumé un seul moteur Raptor pour réaliser sa toute première manœuvre de désorbitation, traversé l’atmosphère, puis rallumé ses trois moteurs pour la manœuvre finale avant de s’amerrir dans le nord de l’océan Pacifique, sur le point visé. Le propulseur Super Heavy, lui, a effectué comme prévu un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique, malgré quelques arrêts de moteurs en cours de route.

Ce succès n’efface pas le travail restant avant que Starship soit pleinement opérationnel. SpaceX n’a pas encore tenté de rattraper le Ship avec les bras mécaniques de la tour de lancement, une étape que la société veut franchir avant de réutiliser le vaisseau. Elon Musk donne à cette opération des chances à peu près égales, voire légèrement supérieures, de réussir. Le ravitaillement en carburant en orbite, indispensable aux missions vers la Lune, n’a pas non plus été démontré. La NASA, qui a retenu Starship pour son programme Artemis, garde ce calendrier à l’œil : selon l’Associated Press, la mission Artemis III, qui prévoit des manœuvres d’amarrage en orbite terrestre avec des atterrisseurs lunaires, pourrait avoir lieu dès l’été prochain.

Sources

Olivier Tech

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