Metallica (Remastered Deluxe Box Set) : L’édition ultime revisitée
Metallica (Remastered Deluxe Box Set) : l’utopie d’un virage mal aimé
Vingt-cinq ans après sa sortie controversée, Load resurgit dans un coffret deluxe remasterisé qui tente de réécrire l’histoire. Pas celle des thrashers en colère, mais celle d’un groupe qui, en 1996, a osé troquer ses riffs saturés contre des grooves bluesy et des textures country-rock. Ce Metallica (Remastered Deluxe Box Set) ne se contente pas de polir les fréquences basses de « Until It Sleeps » ou de « The Unforgiven II »—il force une réévaluation. Et si l’album n’avait jamais été le désastre que les puristes ont hurlé ?
Les enregistrements live inclus dans le set révèlent une vérité crue : ces morceaux, honnis à l’époque, fonctionnent. « King Nothing » se mue en pivot dynamique, capable de relier les crescendos de « Fade to Black » aux lueurs funèbres de « One » sans perdre son identité. « Until It Sleeps », souvent réduit à un single radio-friendly, prend une dimension nouvelle lorsqu’il précède « For Whom the Bell Tolls », comme si le groupe avait enfin trouvé la place qui lui revenait dans leur propre discographie. Le coffret, avec ses heures de matériel bonus, agit comme un plaidoyer rétrospectif—une tentative de montrer que Load n’était pas une trahison, mais une exploration.
Pourtant, les faiblesses persistent. « Attitude », avec son refrain maladroit (« Whatever happened to sweat? »), reste un moment embarrassant, symptôme d’un double album qui aurait gagné à être resserré en un seul disque cohérent. Comme le soulignait déjà Rolling Stone, Load et son frère jumeau ReLoad contiennent assez de pépites pour composer un chef-d’œuvre, mais Metallica, en pleine crise identitaire, a préféré noyer le poisson. Le coffret ne gomme pas ces erreurs de jugement—il les expose, avec une honnêteté qui frise l’autopsie.
La remasterisation, elle, est une réussite technique. Les basses de Jason Newsted grondent avec une clarté inédite, tandis que les solos de Kirk Hammett, autrefois noyés dans le mix, retrouvent une présence presque physique. Les versions live, tirées des archives du groupe, sont d’une précision chirurgicale—un contraste saisissant avec les performances parfois approximatives des coffrets précédents. Même les « flubs » (comme Hammett entamant un solo trop tôt) deviennent des détails humains, des preuves que Metallica, même en pleine mutation, restait un groupe de musiciens, pas une machine.
En fin de compte, ce Remastered Deluxe Box Set ne réhabilite pas Load—il en fait un objet de curiosité, un miroir tendu vers une époque où Metallica a choisi de se perdre pour mieux se retrouver. Ou peut-être pour se perdre tout court. Peu importe : le coffret, avec son abondance de raretés et de lives, offre une plongée fascinante dans l’ADN d’un groupe qui a toujours refusé de se répéter. Même quand ça faisait mal.
Sources
Pitchfork, Metallica: Load (Remastered Deluxe Box Set) Album Review
Rolling Stone, Metallica’s ‘ReLoad’ Super Deluxe Edition Box Set: Review
Musicboard, Review of Metallica (Remastered Deluxe Box Set) by mikeycontrasts
Daily Vault, Metallica: Load (Remastered Deluxe Box Set) Review
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