Judas Priest : Redeemer of Souls (réédition)

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
Judas Priest : Redeemer of Souls (réédition)

Cette réédition Deluxe de Redeemer of Souls, mise en ligne en 2014 chez Columbia, rassemble dix-huit pistes de Judas Priest. L’enjeu : prouver, après Nostradamus et le départ de K.K. Downing, que le groupe peut encore livrer un album de heavy metal tenu de bout en bout.

Ce que contient l’édition Deluxe

La fiche annonce dix-huit titres. Les chroniques les répartissent en deux disques : treize morceaux sur le premier, de Dragonaut à Beginning of the End, puis cinq sur le second : « Snakebite, « Tears of Blood », « Creatures », « Bring It On » et « Never Forget ». « Metal Excess » juge cette seconde galette « well worth picking up » et pense que « Snakebite » n’aurait pas trouvé sa place sur le premier disque, qu’il décrit comme un rocker un peu lâche, plus lourd que « Whitesnake ». Le même site estime que «Creatures et Never Forget » auraient mérité d’y figurer.

Mike Ladano, sur mikeladano.com, défend lui aussi ce second disque. Il rapproche « Snakebite » de l’esprit de « Ram It Down » et « Tears of Blood » de « The Sentinel ». Il juge « Bring It On » assez différent du reste mais fidèle au metal classique. Il s’étonne que de tels morceaux soient relégués en bonus. Il voit en « Never Forget » une ballade, une lettre de remerciement aux fans, et avoue qu’elle lui donne des frissons.

Un retour attendu au tournant

Le contexte pèse. Selon Drowned in Sound, c’est le dix-septième album du groupe, le troisième depuis le retour de Rob Halford et le premier avec Richie Faulkner à la place de Downing, parti en 2011. Blabbermouth décrit un climat de scepticisme chez les fans après l’opéra metal Nostradamus, et rappelle que le groupe a déjà corrigé le tir par le passé avec « Ram It Down » après «Turbo ». Metal Excess note que Faulkner est crédité à l’écriture de tous les titres aux côtés de Halford et Glenn Tipton.
Le site salue un album « lean ‘n’ mean », retour aux bases après un « Nostradamus » jugé boursouflé et suproduit.

Blabbermouth range le disque entre « Ram It Down » et « Painkiller », avec quelques touches de « Defenders of the Faith ». Le site regrette l’absence des fusions de solos entre Downing et Tipton, tout en trouvant que Tipton et Faulkner fonctionnent bien ensemble, notamment sur Halls of Valhalla et Down in Flames. Il juge Halford inégal sur ce dernier titre.

Un verdict partagé, une place à part

Les avis divergent. Metal Excess y voit le meilleur album du groupe depuis Painkiller, en 1990. Drowned in Sound est plus nuancé : le site salue Dragonaut, Halls of Valhalla et Beginning of the End, mais juge Cold Blooded oubliable et Metalizer moins fin que les héritiers du groupe. Il conclut que l’album coche presque toutes les cases d’un bon disque de heavy metal. Mike Ladano trouve la production de Glenn Tipton et Mike Exeter fidèle à l’esprit du groupe, mais le mixage confus, au point de lui masquer les subtilités.

Le même chroniqueur imagine que Redeemer of Souls pourrait être le dernier album studio de Judas Priest, et en ferait alors une sortie digne. Il souligne aussi le travail de Mark Wilkinson sur la pochette, qui convoque d’anciens personnages du groupe. L’édition Deluxe, avec ses dix-huit titres, prolonge cette idée d’un ensemble pensé comme un tout. Bonne écoute.

Sources

David Marlow

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