ChatGPT accusé d’ajouter les signatures de vrais dessinateurs à de faux cartoons du New Yorker

Olivier Tech Olivier Tech IA - Innovation 5 min de lecture
ChatGPT accusé d’ajouter les signatures de vrais dessinateurs à de faux cartoons du New Yorker

Plusieurs témoignages et captures d’écran circulant en ligne montrent que ChatGPT, le générateur d’images d’OpenAI, produit des dessins imitant le style des cartoons du New Yorker en y apposant ce qui ressemble aux signatures de cartoonistes bien réels. Une situation qui soulève des questions lourdes sur le droit d’auteur, l’identité artistique et les limites de l’IA générative.

Ce que l’on sait : des signatures réelles sur des images fabriquées

Le sujet a émergé sur les réseaux sociaux et dans la presse tech : en demandant à ChatGPT de générer un cartoon « dans le style du New Yorker », l’outil d’OpenAI produit des images qui non seulement imitent le trait caractéristique du célèbre magazine, mais comportent parfois des signatures visuellement proches, voire identiques, à celles de dessinateurs et dessinatrices en activité. Des captures d’écran horodatées ont été partagées par des utilisateurs et relayées par plusieurs médias.

Pourquoi c’est un problème majeur

L’identité artistique en question

La signature d’un artiste n’est pas un simple gribouillis décoratif. C’est un marqueur d’identité, d’authenticité et de responsabilité. Quand une IA appose une signature ressemblant à celle d’un dessinateur réel sur une image qu’il n’a jamais créée, elle attribue faussement une œuvre à quelqu’un. En droit, cela peut relever de la contrefaçon, de l’usurpation d’identité ou de la tromperie du public. Dans tous les cas, c’est une atteinte au droit moral de l’artiste, un principe fondamental du droit d’auteur, particulièrement en droit français et européen.

Image générée par Nano Banana de Google

Un symptôme du problème plus large des données d’entraînement

Si le modèle d’OpenAI reproduit ces signatures, c’est qu’il a été entraîné sur des données qui les contenaient. Cela relance le débat, déjà brûlant, sur la nature des corpus utilisés pour entraîner les modèles d’IA générative. Des milliers d’artistes ont déjà dénoncé l’utilisation de leurs œuvres sans consentement ni rémunération. Le cas des signatures du New Yorker en est une illustration particulièrement frappante, car la signature rend visible et indéniable ce que l’on pouvait auparavant minimiser comme une « inspiration stylistique ».

Le silence (relatif) d’OpenAI

OpenAI a mis en place des garde-fous dans ses conditions d’utilisation, interdisant en principe la génération de contenus qui violent les droits d’auteur ou usurpent l’identité de personnes réelles. Cependant, ces règles s’avèrent manifestement insuffisantes lorsqu’un simple prompt suffit à produire un résultat qui les enfreint. À ce stade, nous n’avons pas identifié de déclaration officielle et détaillée d’OpenAI portant spécifiquement sur la reproduction de signatures de cartoonistes. Cette absence de réponse publique claire est en elle-même révélatrice de la difficulté de l’entreprise à gérer les cas concrets que ses propres outils génèrent.

Ce qu’il reste à vérifier

Plusieurs éléments restent à confirmer ou à documenter avec des sources primaires solides. Nous les listons ici par souci de rigueur :

L’existence éventuelle de déclarations publiques des dessinateurs et dessinatrices dont les signatures auraient été reproduites. La position officielle du New Yorker sur cette situation. L’implication éventuelle de la National Cartoonists Society (NCS), qui représente la profession aux États-Unis. L’existence de plaintes formelles, mises en demeure ou procédures juridiques. La reproductibilité systématique du phénomène (un prompt spécifique produit-il toujours une signature identifiable ?).

Nous nous engageons à mettre cet article à jour dès que ces vérifications seront complètes.

Ce que ça dit de l’état de l’IA générative en 2026

Au-delà du cas spécifique du New Yorker, cette affaire est un révélateur. Elle montre que les modèles d’IA générative ne se contentent pas d’imiter un « style » : ils peuvent reproduire des éléments d’identité uniques et personnels. La frontière entre inspiration et contrefaçon, déjà floue dans le monde analogique, devient presque inexistante quand un algorithme peut générer en quelques secondes une imitation quasi parfaite, signature incluse.

Pour les créateurs et créatrices, c’est une menace existentielle. Pour les plateformes, c’est un problème de responsabilité juridique qui ne pourra pas éternellement être esquivé par des conditions d’utilisation que personne ne lit. Et pour les utilisateurs, c’est un rappel que chaque image générée par une IA a un coût humain, même invisible.

Nous suivrons ce dossier de près. En attendant, la prochaine fois que vous demanderez à une IA de dessiner « un cartoon du New Yorker », regardez bien en bas à droite de l’image. Cette signature appartient peut-être à quelqu’un qui n’a jamais donné son accord.

Sources

Cet article est basé sur des informations circulant publiquement au moment de sa rédaction. Plusieurs points sont en cours de vérification active. Aucune source primaire unique n’ayant pu être isolée comme référence définitive dans le dossier fourni, nous ne listons pas d’URL spécifiques afin de ne pas diriger vers des sources non vérifiées.

Les images qui accompagnent cet article, ont été générées par le modèle Imagen 3 de Google AI.

Olivier Tech

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