Black Ice – AC/DC : l’album hard rock qui a marqué 2008

David Marlow David Marlow Musique 2 min de lecture
Black Ice – AC/DC : l’album hard rock qui a marqué 2008

Huit ans. C’est le temps qu’AC/DC a laissé s’écouler entre Stiff Upper Lip et cette résurrection tonitruante intitulée Black Ice. Un silence inhabituel pour un groupe qui a longtemps cultivé la régularité comme un dogme, mais qui témoigne aussi d’une lucidité tardive : à un certain âge, mieux vaut se faire désirer que de pomper du produit frais sans conviction. Le résultat, sorti en 2008, est devenu leur premier numéro un au Billboard depuis For Those About to Rock, preuve que l’absence, chez les Australiens, fait effectivement grandir l’appétit du public.

Musicalement, on ne réinvente rien, et c’est bien là tout le paradoxe de Black Ice. Brian Johnson hurle toujours comme si sa vie en dépendait, Angus Young égrène ses riffs avec cette économie de moyens qui a fait la légende du groupe, et la section rythmique tient le tempo avec une précision d’horloger rouillé mais increvable. Pourtant, quelque chose a changé : une production plus ronde, presque pop par endroits, vient enrober ce vieux squelette hard rock d’une chaleur inattendue. Le groupe a injecté, sans jamais le confesser, une dose de mainstream dans son ADN, sans pour autant renier cette rugosité venue de Sydney qui fait leur identité depuis High Voltage.

Le problème, et il est réel, tient à la longueur. Quinze titres, cinquante-cinq minutes, c’est beaucoup trop pour un groupe dont la formule repose sur l’efficacité brute du riff et du refrain. Des morceaux comme Spoilin’ for a Fight ou Wheels sentent le remplissage, des rockers mid-tempo interchangeables qui diluent l’impact global de l’album. Mais quand ça fonctionne, ça fonctionne vraiment : huit titres au moins tiennent la distance avec une évidence presque insolente, offrant le meilleur taux de réussite du groupe depuis près de trente ans. Rock N Roll Train, avec son riff increvable, ou War Machine, plus tendu, rappellent que même vieillissant, AC/DC sait encore comment frapper.

Black Ice n’est donc pas le grand retour que certains espéraient, mais un album globalement plaisant, honnête, qui ajoute un chapitre respectable à une carrière déjà interminable. Ni chef-d’œuvre, ni trahison : juste AC/DC, fidèle à lui-même, avec ses défauts et sa tête dure.

Sources

Louder Sound, Rolling Stone, Ian Billen (ianbillen.com), RockmusicRaider, AllMusic.

David Marlow

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