Hardwired…To Self-Destruct de Metallica : analyse

David Marlow David Marlow Musique 2 min de lecture
Hardwired…To Self-Destruct de Metallica : analyse

Il y a quelque chose d’étrangement rassurant à entendre Metallica sonner à nouveau comme Metallica. Après les expérimentations bancales de St. Anger et la respectabilité prudente de Death Magnetic, Hardwired…To Self-Destruct arrive comme un rappel brutal que le groupe sait encore, quand il le veut, écrire des riffs qui claquent comme des coups de fouet.

Le morceau-titre qui ouvre l’album donne le ton : deux minutes trente de thrash compact, sec, presque punk dans son urgence. C’est une anomalie sur ce double disque de 88 minutes, où chaque autre composition s’étire allègrement au-delà des six minutes. James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo n’ont visiblement jamais appris l’art de la coupe franche, et cette incapacité chronique à l’autocritique reste le défaut structurel de leur discographie tardive.

Le premier disque porte pourtant l’essentiel de la charge émotionelle et mélodique. Atlas, Rise! déploie des toms guerriers dignes du meilleur Master of Puppets, tandis que Moth Into Flame conjugue vitesse et sens mélodique avec une aisance que le groupe n’avait plus montrée depuis des lustres. Le second disque, en comparaison, patine davantage, alourdi par des morceaux qui peinent à justifier leur propre durée. Mais l’album se referme sur Spit Out the Bone, une pièce féroce et ramassée qui répond en miroir à l’ouverture, comme si Metallica cherchait à prouver, une dernière fois, qu’ils savent encore faire court et efficace quand l’envie les prend.

Il faut le dire sans détour : c’est le meilleur disque du groupe depuis l’album noir de 1991. Une victoire qui n’a rien d’anodin pour un groupe qui a longtemps semblé errer sans boussole créative. Mais la question demeure entière pour quiconque n’est pas déjà acquis à la cause : que cherche-t-on vraiment chez Metallica en 2016 ? L’énergie est intacte, la technique irréprochable, et le groupe continue de sonner plus vital que la plupart des formations qui ont la moitié de son âge. Hardwired…To Self-Destruct ne réinvente rien, mais il rappelle avec panache pourquoi ce nom a longtemps défini un genre entier.

Sources

Pitchfork, Renowned for Sound, Angry Metal Guy, Louder Sound, Scene Point Blank

David Marlow

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