Death Magnetic de Metallica : retour en force du thrash metal

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
Death Magnetic de Metallica : retour en force du thrash metal

Metallica : Death Magnetic, ou le retour aux sources qui sonne comme une absolution

Treize ans après The Black Album, Metallica tente désespérément de se réconcilier avec son propre mythe. Death Magnetic, sorti en 2008, est ce moment où le groupe, enfin libéré des oripeaux du nu-metal et des expérimentations douteuses, se replonge dans l’ADN qui l’a rendu légendaire. Le résultat ? Une œuvre qui oscille entre nostalgie triomphale et rédemption inachevée, comme si le quatuor californien cherchait à effacer d’un coup de baguette les années de dérive.

Dès les premières secondes de « That Was Just Your Life », le ton est donné. Les riffs de James Hetfield, ciselés comme au temps de Master of Puppets, s’entrechoquent avec la précision d’un mécanisme d’horlogerie suisse, tandis que Lars Ulrich martèle sa double pédale avec une frénésie presque adolescente. Rick Rubin, producteur attitré des retours aux fondamentaux (cf. Johnny Cash, Slayer), a ici le mérite de ne pas trop en faire. Pas de surproduction clinquante, pas de ces effets qui avaient alourdi St. Anger comme un boulet aux pieds. Non, Death Magnetic respire, et c’est déjà une victoire.

Pourtant, l’album n’est pas sans failles. Les textes de Hetfield, toujours aussi obsédés par la mort « a meditation on death », comme le soulignait Pitchfork –, finissent par tourner en rond. Après « The Unforgiven III », ballade mélodramatique qui tente de clore une trilogie entamée en 1991, on se surprend à soupirer : encore ? Mais quand la musique prend le relais, ces réserves s’évanouissent. « The Day That Never Comes » déploie ses harmonies envoûtantes, « All Nightmare Long » balance un groove thrash qui rappelle les meilleurs moments de …And Justice for All, et « Broken, Beat & Scarred » résume à lui seul toute la résilience du groupe : un titre qui crache sa rage avec une énergie retrouvée, comme si Metallica avait enfin exorcisé ses démons.

Reste une question lancinante : Death Magnetic est-il vraiment le chef-d’œuvre que certains fans attendaient ? Pas tout à fait. Il manque cette étincelle de folie, cette audace qui avait fait de Ride the Lightning ou Master of Puppets des disques intemporels. Mais peu importe. Car ce qui compte, c’est que Metallica a enfin retrouvé sa cohésion, son identité. Les quatre cavaliers jouent à nouveau comme une unité, et c’est déjà énorme. Les imperfections ? Elles font partie du charme, comme ces cicatrices qui rappellent qu’on a survécu.

À l’arrivée, Death Magnetic est moins une renaissance qu’une confirmation. Celle d’un groupe qui, malgré les errements, n’a jamais vraiment perdu son âme. Et si l’album a surtout marqué les esprits pour sa version Guitar Hero ironie cruelle –, il mérite mieux que ce destin ludique. Il est la preuve que, parfois, revenir en arrière est la seule façon d’avancer.

Sources

Pitchfork Metallica: Death Magnetic Album Review

Last Rites Metallica Death Magnetic Review

Rolling Stone Death Magnetic Review

Scene Point Blank Album review: Metallica Death Magnetic

Album of The Year Metallica Death Magnetic review by RemisReviews

David Marlow

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