FCC autorise capitaux du Golfe dans Paramount-Warner

Olivier Tech Olivier Tech Tech 2 min de lecture
FCC autorise capitaux du Golfe dans Paramount-Warner

Il y a des décisions qui en disent long sur les priorités d’une institution censée protéger l’intérêt public. Cette semaine, la Federal Communications Commission a validé une dérogation permettant à trois fonds souverains, ceux de l’Arabie saoudite, du Qatar et d’Abu Dhabi, de détenir jusqu’à 49,5 % du capital du futur ensemble Paramount-Warner Bros. Une règle qui limitait historiquement à 25 % la participation étrangère dans les médias américains vient ainsi d’être contournée, presque sans bruit.

Le président de la FCC, Brendan Carr, s’est pourtant illustré ces dernières années par une vigilance affichée sur ce que diffusent les chaînes américaines, allant jusqu’à s’immiscer dans la ligne éditoriale d’émissions comme The View. Mais quand il s’agit de laisser des gouvernements étrangers, dont les intérêts géopolitiques dans la région sont loin d’être neutres, prendre une part quasi majoritaire dans l’un des plus grands groupes médiatiques du pays, le silence est nettement plus assourdissant.

Cette asymétrie interroge sur la cohérence de la doctrine régulatoire américaine actuelle. D’un côté, une surveillance presque obsessionnelle du contenu diffusé, avec des menaces à peine voilées contre des animateurs ou des invités jugés trop critiques. De l’autre, une porte grande ouverte à des capitaux souverains dont l’influence sur les choix éditoriaux futurs reste, au mieux, une inconnue, au pire, un risque structurel pour l’indépendance de l’information.

Le précédent est loin d’être anodin. Paramount-Warner Bros ne produit pas seulement des séries et des blockbusters, le groupe possède également des chaînes d’information et des studios qui façonnent une partie du récit culturel américain. Confier une part aussi importante de ce pouvoir symbolique à des États qui exercent par ailleurs un contrôle strict sur leurs propres médias nationaux soulève des questions légitimes sur la réciprocité et la transparence de ces investissements.

Reste à savoir si cette décision fera jurisprudence pour d’autres opérations similaires dans les mois à venir. Dans un secteur déjà fragilisé par la concentration et la financiarisation, l’arrivée de capitaux souverains du Golfe pourrait bien redessiner durablement les équilibres de pouvoir dans les médias américains, loin des radars du débat public.

Sources

The Verge

Olivier Tech

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