POWER UP – AC/DC : l’album hard rock complet

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
POWER UP – AC/DC : l’album hard rock complet

Il y a quelque chose de presque irréel dans la persistance d’AC/DC. Groupe qu’on a enterré plus de fois qu’aucun autre dans l’histoire du rock, décimé par les départs, les procès et les deuils, le voilà de retour en 2020 avec Power Up, dix-septième album studio d’une carrière qui refuse obstinément de se ranger. Et le plus troublant, c’est que ça fonctionne encore.

L’histoire officielle veut que ces riffs proviennent des dernières sessions écrites par Malcolm Young avant sa mort en 2017, retravaillées ici par Angus en hommage à son frère. Il y a effectivement quelque chose de spectral dans ces chansons, une façon de sonner comme un vieux rêve familier qu’on croyait perdu. Brian Johnson, Phil Rudd, Cliff Williams, tout le casting historique est de retour, et personne ne semble avoir vieilli d’un jour, du moins musicalement. La voix de Johnson gratte toujours comme du papier de verre, la basse pousse toujours au ventre, la batterie tape toujours sur le temps fort avec cette lourdeur presque hypnotique.

Des morceaux comme Realize ou Shot in the Dark ne réinventent rien, ils cochent simplement toutes les cases qu’on attend d’AC/DC depuis un demi-siècle : riff en accord de puissance, refrain gueulé, solo d’Angus qui grimpe dans les aigus sans jamais chercher la subtilité. On pourrait reprocher à l’ouverture de l’album son manque de mémorabilité, sa façon de dérouler les tics de la maison sans vraiment marquer. Mais l’ensemble tient debout par une cohérence rare, une énergie qui ne faiblit jamais, même sur les seize titres.

Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de calcul nostalgique. AC/DC ne cherche pas à recréer Highway to Hell ou Back in Black, le groupe sonne simplement comme il a toujours sonné, avec cette sincérité brute qui a fait sa légende. Le disque est souvent cité comme leur meilleur effort depuis The Razors Edge, voire depuis Flick of the Switch, et cette comparaison n’a rien d’exagéré tant l’énergie retrouvée ici rappelle les grandes heures du groupe.

Si Power Up devait être le dernier tour de piste de cette formation historique, ce serait un adieu digne, presque joyeux, à l’image d’un groupe qui n’a jamais su faire autre chose que du rock à plein volume, et qui continue, envers et contre tout, à le faire remarquablement bien.

Sources

Rolling Stone, The Guardian, AllMusic, Metal Nation, Metacritic

David Marlow

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