Who Made Who d’AC/DC : histoire et analyse du titre hard rock

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
Who Made Who d’AC/DC : histoire et analyse du titre hard rock

En 1986, AC/DC se retrouve dans une position pour le moins insolite : fournir la bande originale d’un film de Stephen King, Maximum Overdrive, un désastre cinématographique où des camions prennent vie et massacrent l’humanité. Sur le papier, l’affaire sent le contrat alimentaire à plein nez. Dans les faits, Who Made Who se révèle être bien plus subtil qu’une simple obligation contractuelle : c’est une rétrospective habilement construite, qui fait office à la fois de compilation déguisée et de vraie proposition artistique.

Le titre qui donne son nom à l’album en est la meilleure démonstration. Porté par un riff massif et des tapping licks d’Angus Young particulièrement inspirés, « Who Made Who » possède ce mélange d’efficacité pop et de puissance hard rock qui a toujours fait la force du groupe australien. Le morceau instrumental « Chase the Ace » et l’entêtant « D.T. » complètent cette section originale avec une décontraction assumée, comme si le groupe s’autorisait enfin à respirer entre deux tournées monstrueuses.

Mais l’intérêt de Who Made Who réside surtout dans son travail de sélection. En allant piocher « You Shook Me All Night Long » et « For Those About to Rock (We Salute You) » dans le patrimoine du groupe, AC/DC rappelle avec une évidence presque brutale à quel point ces titres demeurent des sommets absolus du hard rock des années 1980. Plus intéressant encore, la présence de « Sink the Pink », morceau oublié tiré d’un album mineur, permet de réhabiliter une pièce qui méritait clairement mieux que l’indifférence initiale.

Il serait toutefois malhonnête de prétendre que l’ensemble fait consensus. Une partie de la critique reproche à Who Made Who son statut hybride, ni vraie compilation ni album de studio complet, qui laisse un goût d’inachevé. Certains y voient une déception commerciale déguisée en succès, l’album ayant pourtant été certifié cinq fois platine aux États-Unis comme en Australie, preuve que le public, lui, n’a jamais eu ce genre de scrupules.

Reste qu’à l’écoute, Who Made Who fonctionne comme un objet étrange et fascinant : ni tout à fait un disque de commande, ni tout à fait une anthologie classique, mais un instantané parfaitement calibré du groupe au sommet de sa puissance de frappe. Un disque qui, quarante ans plus tard, continue de faire sens autant qu’il continue de faire du bruit. Un album à posséder dans sa discothèque.

Sources

AllMusic, Album of the Year, Sleaze Roxx, Sputnikmusic

David Marlow

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