Stiff Upper Lip d’AC/DC : l’énergie brute du hard rock intemporel

David Marlow David Marlow Musique 3 min de lecture
Stiff Upper Lip d’AC/DC : l’énergie brute du hard rock intemporel

AC/DC Stiff Upper Lip : le rock sans complexe dans un monde qui a déjà tout entendu

Vingt ans après la mort de Bon Scott, AC/DC n’avait plus rien à prouver. Pourtant, avec Stiff Upper Lip, sorti en 2000, le groupe australien persiste et signe, comme pour rappeler que le hard rock, quand il est bien exécuté, n’a pas besoin de se réinventer pour rester indispensable. Cet album, le quinzième de leur discographie, est une démonstration de ce que signifie jouer sans filet : pas de fioritures, pas de concessions, juste le son brut d’un trio rythmique implacable (Malcolm Young à la guitare rythmique, Cliff Williams à la basse, Phil Rudd à la batterie) et les soli incendiaires d’Angus Young, le tout porté par la voix rauque et reconnaissable entre mille de Brian Johnson.

Dès les premières notes de « Stiff Upper Lip », le ton est donné. Le morceau titre, avec son riff entêtant et son groove chaloupé, est un rappel que AC/DC maîtrise l’art de la chanson rock simple et efficace. Le problème, c’est que cette simplicité, qui a fait la force du groupe pendant des décennies, devient parfois un piège. Des titres comme « Meltdown » ou « Safe in New York City » sombrent dans une monotonie qui frôle l’autoparodie. Les paroles, souvent réduites à des slogans répétitifs (« Man it’s gettin’ hot, hot, hot »), peinent à masquer l’absence de véritable inspiration. AC/DC a toujours fonctionné sur des formules éprouvées, mais ici, certaines pistes donnent l’impression d’un groupe en pilotage automatique, comme si les Young avaient épuisé leur réserve de riffs magiques.

Pourtant, Stiff Upper Lip n’est pas un mauvais album. Il est même plutôt bon, à condition de ne pas chercher autre chose que ce qu’il propose : du rock direct, sans prétention, qui tape dans le mille quand il vise juste. « House of Jazz » et « Can’t Stand Still » sont des moments de grâce, où la dynamique du groupe explose avec une énergie contagieuse. Même les ballades, comme « Hold Me Tight », évitent le piège du sentimentalisme mièvre pour rester dans le registre du rock pur et dur. Le problème, c’est que ces éclairs de génie sont trop rares pour sauver l’ensemble d’une certaine lassitude.

À l’aube des années 2000, AC/DC n’avait plus à conquérir le monde. Stiff Upper Lip est donc un album sans enjeu, un disque fait pour les fans, par des musiciens qui savent exactement ce qu’ils font. Est-ce suffisant ? Pour ceux qui attendent du groupe qu’il continue à alimenter la légende, probablement. Pour les autres, ceux qui espèrent encore une once de surprise ou d’audace, c’est une occasion manquée. Mais après tout, AC/DC n’a jamais prétendu être autre chose que ce qu’il est : un groupe qui fait du rock comme on respire, sans se poser de questions. Et c’est peut-être ça, au fond, la plus grande force de Stiff Upper Lip.

Sources

AllMusic Stiff Upper Lip Review

La Nateramae AC/DC’s Stiff Upper Lip is a Banger!

Rolling Stone Stiff Upper Lip Review

Rate Your Music Stiff Upper Lip User Reviews

Ear of Newt Album Review: AC/DC, Stiff Upper Lip (2000)

David Marlow

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