Metallica : S&M2, le retour triomphal du metal symphonique
Metallica et l’Orchestre Symphonique de San Francisco redéfinissent l’épique avec S&M2
Vingt ans après leur premier mariage avec un orchestre symphonique, Metallica revient avec S&M2, une démonstration de force où le metal le plus brut et la musique classique s’entrelacent avec une audace renouvelée. Capturé en direct au Chase Center de San Francisco, ce projet n’est pas une simple redite nostalgique, mais une réinvention ambitieuse, où chaque note semble défier les attentes. Le résultat ? Une expérience sonore qui oscille entre grandeur cinématographique et violence contrôlée, prouvant que le groupe n’a rien perdu de sa capacité à transcender ses propres limites.
Dès les premières mesures de The Ecstasy of Gold, réinterprétée ici avec une solennité presque sacrée, S&M2 impose son ambition. L’orchestre, dirigé par Edwin Outwater et Michael Tilson Thomas, ne se contente pas d’accompagner—il dialogue, amplifiant chaque riff, chaque rupture rythmique jusqu’à en faire des moments de pure catharsis. Les choix de setlist sont révélateurs : aux côtés des incontournables (One, Enter Sandman) figurent des titres moins souvent joués en live, comme The Day That Never Comes ou Halo on Fire, dont les arrangements symphoniques révèlent des dimensions insoupçonnées. La guitare de James Hetfield, toujours aussi tranchante, se marie aux cordes avec une précision chirurgicale, tandis que la batterie de Lars Ulrich martèle avec une intensité presque physique, comme pour rappeler que le metal, même en robe de soirée, reste une affaire de sueur et de rage.
Le point d’orgue de l’album réside peut-être dans la réinterprétation de For Whom the Bell Tolls, où les cuivres et les violons enveloppent le thème initial d’une mélancolie nouvelle, ou encore dans All Within My Hands, transformé en une valse sombre et majestueuse. Mais c’est avec Nothing Else Matters que S&M2 atteint son paroxysme émotionnel. La version originale, déjà déchirante, devient ici un requiem pour Cliff Burton, disparu trop tôt, et dont la présence fantomatique semble hanter chaque note. L’orchestre, loin de noyer l’émotion sous le pathos, la sublime, offrant une lecture à la fois intime et monumentale.
Si certains pourraient reprocher à S&M2 son côté parfois trop lisse—l’équilibre entre metal et classique frôle parfois le compromis consensuel—il faut reconnaître que le projet évite soigneusement le piège de la simple démonstration technique. Metallica et l’Orchestre Symphonique de San Francisco ne cherchent pas à prouver qu’ils peuvent jouer ensemble, mais à explorer ce que leur union peut encore révéler. Le résultat est un album qui, sans révolutionner le genre, en confirme la vitalité et l’élasticité. Une réussite à l’échelle de ses ambitions, et la preuve que, même après quatre décennies, Metallica reste un monstre sacré, capable de faire trembler les salles… et les partitions.
Sources
Louder Metallica: S&M2 album review
Scene+Heard Metallica’s S&M2: Album Review
Pitchfork Metallica / San Francisco Symphony: S&M2 Album Review
Ultimate Guitar S&M2 Review: The sequel to 1999’s « S&M »
Kerrang! Album Review: Metallica S&M2
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